
La semaine dernière, quelqu’un m’a demandé :
« C’était quoi, ton année ? »
Petite clarification, a-t-elle ajouté : l’année qui t’a marquée d’une façon extraordinaire. Celle qui a changé quelque chose en toi. Le pivot, si tu veux.
Ah…
Un petit coucou au passé.
2015-2016.
Mes dernières années de pure insouciance et de bonheur.
Enfin… pure insouciance, ça n’existe probablement pas dans le vocabulaire d’une sœur aînée. (Rires.)
Mais oui, 2015-2016, pour une raison que j’ai encore du mal à expliquer, demeurent mes années préférées de la dernière décennie.
La vie en Haïti. La fin de mes études universitaires. Des amitiés solides. Des relations profondément authentiques. Une implication naturelle dans la vie communautaire et à l’église, sans jamais avoir besoin de me forcer.
Oui… 2015-2016.
La vie était simple, mais elle était belle.
Quand on y pense, le temps est la monnaie la plus précieuse qui existe. Il passe et ne revient jamais.
Je n’avais aucune idée que ces années seraient les dernières de ma liberté insouciante. Une époque où mes plus grandes préoccupations étaient de payer ma manucure, de trouver de quoi me rendre aux concerts avec mes meilleures amies, de décider à quelle plage aller le week-end ou encore de suivre un calendrier social tellement rempli que les semaines disparaissaient en un clin d’œil.
Travailler ? Oui.
Des soucis ? Sans doute.
Des inquiétudes ? Certainement.
Mais la joie… le bonheur… occupaient une place immense. Immense, du moins selon les souvenirs que j’en garde.
Qu’est devenu mon 2015 ?
Le temps des fous rires pour un rien. Des conversations qui s’étiraient jusqu’au milieu de la nuit. Des rêves un peu fous, des mystères, des projets improvisés. Des petits boulots par-ci, par-là. Très peu d’argent, mais surtout très peu de besoins.
Et finalement, c’était peut-être ça, la vraie richesse.
Dix ans plus tard, je me surprends parfois à penser : comment est-ce possible ?
Comment peut-on écrire « il y a dix ans » quand on se sent encore si jeune ?
Quelle drôle de tragédie.
2015-2016 semblent si loin… et pourtant si proches.
Je n’ai pas peur du temps.
J’ai surtout peur de ce que je fais de mon temps.
Parce qu’il ne revient pas.
L’argent va et vient. Le bonheur aussi connaît parfois ses saisons. Mais le temps, lui, nous glisse entre les doigts. Il s’échappe doucement, hors de notre emprise, ne nous laissant que des souvenirs. Parfois incomplets. Parfois embellis par la nostalgie.
Mais toujours infiniment précieux.
Et pourtant…
Presque trois décennies se sont écoulées depuis que j’ai reçu le plus beau des cadeaux : ma personne préférée au monde.
Avec elle, le temps devient plus beau.
L’avenir fait un peu moins peur.
Les fous rires continuent de résonner.
Notre complicité ne cesse de grandir.
Comme quoi, le temps ne fait pas que nous enlever des choses.
Parfois, il nous offre aussi les plus belles versions de ce que nous aimons déjà.
Le temps nous a fait grand bien.
PS: Joyeux anniversaire à ma personne préférée au monde. Merci de rendre le temps plus beau, année après année. ❤️
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